Avant toute chose, il faut que tu saches, lecteur, lectrice, que What The Fuck ? n'est pas mon premier blog. J'en ai eu d'autres avant, dans lesquels je ne racontais pas des histoires mais des chroniques d'albums, de BD, de films... le problème était que j'avais du mal à les tenir à jour. Mais il y a certains articles que j'ai écrit à l'époque, ça me fait un peu chier de les laisser à l'abandon. Alors je vais pas m'emmerder et aujourd'hui, je te ressors un article qui a déjà deux ans... et si t'es pas content(e), ben je m'en fous ! =)
Par contre accroche-toi, j'étais dans un délire assez violent quand j'ai écrit celui-là ! Pourtant j'avais ni bu ni fumé...
Dona Confuse : Broken Silver Cigarette in Tristan Da Cunha (2007)
Il fait gris ici. Il fait pas froid, seulement gris... Et pourtant je me sens étrangement bien. Il y a cette musique qui
tourne... je vais me prendre un verre de whisky et me fumer une clope, ça passera bien avec...
C'est ce qu'on a l'impression de vivre en écoutant ce premier album de Dona Confuse, groupe de la scène indie rock toulousaine. Un film en noir et blanc où un type passerait son
après-midi dans une grande pièce, alternant moments de détente, de rage et de... confusion. Confusion. Un mot qui pourrait bien définir l'univers de ce groupe.
Mais pas sa musique.
Dona Confuse invite à pousser cette porte afin d'aller voir le type dans la grande pièce pour comprendre
sa confusion, palpable au travers de ces nappes électro qui planent en se mêlant à la fumée de sa clope. Il m'offre le premier verre d'alcool fort alors que les guitares font leurs apparition sur
Sandy Point. D'abord mélodiques, puis énervées, le type hésite entre finir sa clope ou l'éteindre rageusement... il jette sa clope à même le sol et semble plus
serein.
Sur Velocity, l'inquiétude semble reprendre le dessus, ça se lit sur son visage. Mais
bizarrement, cette angoisse le rend plus beau que tout à l'heure. Il n'a pas bu une seul goutte durant ce morceau.
Il s'enfile par contre deux clopes coup sur coup sur le très électronique Coliseum Harmonium. Il
est sans doute en train de faire le point. Je lui parle de Radiohead. Il acquiesce en me souriant et en me répondant : "Kid A". Je lui souris en retour et me verse un verre, me
préparant à un nouveau changement d'attitude.
Camomille n'invite pas à la tisane, au contraire, et je suis bien content de sentir mon oesophage
me brûler lors des premiers chœurs. Le type se lève et se déplace lentement. On dirait qu'il valse, mais il a mal. Pas physiquement. A moins qu'il n'espère quelque chose. C'est lourd. C'est
majestueux. Et je voudrais que ça ne s'arrête jamais.
Le type finit par revenir s'asseoir en face de moi, sur son canapé troué. Sur Surprise et Muette,
il se verse lui aussi un verre qu'il boit tranquillement, alors que le piano, un peu décalé sur la guitare, nous apaise après la tornade précédente... sauf que la tornade ressurgit. Le type
relève les yeux vers moi et, souriant, me tend une blonde que j'accepte volontiers.
(C'est à peu près à ce moment là que j'ai commencé à vraiment comprendre. Je comprenais le type et sa confusion. Et moi
aussi, je voulais être confus comme lui. Parce que bordel, que c'est bon !!!)
Texas Valium me confirme cette confusion, magnifique et sensée à la fois. Le type et moi battons
la mesure de la tête, un coup à droite, un coup à gauche... des enfants qui se retrouvent à colorier des paquets de clopes plutôt que leurs cahier de brouillons.
Je me lève soudain d'un coup, prenant le type de court qui me regarde l'air amusé, m'encourageant à continuer ce que je
voulais faire. Luminosa me fait courir entre la fenêtre et le centre de la pièce. J'hésite à lancer quelque chose dehors. En tout cas, faut que ça sorte.
Je finis par me calmer, alors qu'une grande nostalgie mélancolique s'empare de moi. On regarde tous les deux par la
fenêtre. Clouds Draw Figures... et c'est vrai. Je vois un ours dans celui-là. Le type voit une sorcière. Un fusil dans celui-ci. Un éléphant pour le type. Et là ça part
en couille. Ca part en couille sur une voix électronique et en guitares surpuissantes quand je vois mon propre visage. Confusion. Beaucoup. Je ris et je pleurs en même temps. Des cris. Les miens
? Peu importe. Je distingue de moins en moins ce visage dans les nuages. Il me fait peur mais je veux qu'il reste. C'est le mien. Mais il se disloque peu à peu tandis que je me calme petit à
petit...
Le type me ressert un verre. Lui aussi en a besoin. Normal. Linear Caravel est là, latente, prête
à exploser. Et pas si linéaire que ça. On sent que la pression monte. Et on jette tous les deux nos verres au travers de la pièce quand ça pète enfin.
On évite de se regarder, jusqu'à ce que la Marquise prenne le relais. Le type semble fatigué.
C'est apaisant, calme. Il s'allonge doucement sur le canapé et ferme les yeux. Dans mon fauteuil, je bascule la tête en arrière et fais de même. Calme, serein.
Lorsque je rouvre les yeux, c'est sur un Piano Préparé des plus confus. Le type n'est plus là. Je
me décide à faire un brin de ménage. Je m'allume une clope. Les cendres tombent aux endroits que je viens de balayer. Je fais toute la pièce comme ça. Ca me prend un peu plus de 20 minutes. 20
minutes confuses.
Une fois terminé, je me dirige vers la porte et actionne la poignée. Avant
de sortir, je regarde la pièce : exactement pareille que lorsque je suis entré. Prête pour la prochaine fois.
Balancer une critique ! - Voir les 6 commentaires
Dernières Critiques Balancées